Soupe petits pois butternut
Il y a toujours, vers la fin de l’hiver, ce moment un peu flottant où je commence à avoir envie de changer doucement de rythme en cuisine. Il fait encore froid, on a encore besoin de plats chauds et rassurants, mais l’envie de légumes très racines, très orangés, commence à s’essouffler. On n’est pas encore prêt pour les grandes salades ou les légumes de printemps fraîchement cueillis, mais on sent que la transition approche. C’est exactement dans cet entre-deux que j’aime préparer des recettes comme cette soupe petits pois–butternut.
La butternut est souvent l’une des premières courges qu’on adopte à l’automne, et aussi l’une de celles qu’on utilise le plus. Elle est facile à trouver, simple à préparer, avec une chair douce qui plaît à beaucoup de monde. À force, pourtant, elle peut devenir un peu répétitive. Rôtie, en purée, en soupe, en gratin… on a vite fait le tour des associations classiques. Pourtant, ce légume mérite qu’on le regarde autrement, surtout quand on commence à en avoir un peu marre de la retrouver partout dans l’assiette.
Ce qui est intéressant avec la butternut, c’est aussi son histoire. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas une courge traditionnelle européenne. Elle vient d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, où les courges sont cultivées depuis des siècles. Elle s’est imposée chez nous assez tardivement, notamment grâce à son côté pratique et à son goût accessible. Son nom anglais, “butternut squash”, fait référence à sa texture lisse et à sa saveur douce, presque beurrée, même si elle ne contient évidemment pas de beurre.
Sur le plan nutritionnel, la butternut a aussi de sérieux atouts. Sa couleur orange est due au bêta-carotène, un antioxydant que le corps transforme en vitamine A. En hiver, quand l’exposition à la lumière est plus faible et que l’alimentation peut devenir monotone, c’est un vrai plus. Elle apporte également des fibres, utiles pour la digestion, et du potassium, qui participe au bon fonctionnement des muscles et du système nerveux. Ce n’est donc pas seulement un légume “confort”, mais aussi un allié intéressant sur le plan nutritionnel.
À l’approche de la fin de l’hiver, j’ai cependant souvent envie de réintroduire un peu de vert dans mes plats. Pas forcément des légumes printaniers frais, qui manquent encore de goût à cette période, mais quelque chose qui annonce la suite. Les petits pois remplissent très bien ce rôle. Et contrairement aux idées reçues, les petits pois surgelés sont souvent une excellente option. Ils sont généralement récoltés à maturité, puis surgelés très rapidement, ce qui permet de conserver leurs qualités nutritionnelles et leur goût.
Les petits pois ont d’ailleurs une histoire assez surprenante. Aujourd’hui, on les associe à une cuisine simple, familiale, parfois même un peu désuète. Pourtant, au XVIIe siècle, ils étaient un véritable produit de luxe. À la cour de Louis XIV, les petits pois frais faisaient fureur, au point d’être consommés à toute heure de la journée. Madame de Sévigné évoquait cette mode dans ses lettres, parfois avec une pointe d’ironie, tant l’engouement semblait excessif. À l’époque, manger des petits pois hors saison était un marqueur social fort.

Sur le plan nutritionnel, les petits pois sont souvent mal classés. On les range parfois uniquement du côté des féculents, alors qu’ils sont un peu à mi-chemin. Ils contiennent des glucides, bien sûr, mais aussi des protéines végétales, des fibres, des vitamines du groupe B et de la vitamine C. Leur couleur verte est liée à la chlorophylle, et visuellement, ils apportent une vraie fraîcheur dans l’assiette. Dans une soupe d’hiver, ce détail compte plus qu’on ne le pense.
L’association de la butternut et des petits pois est née, pour moi, de cette envie de transition. Je voulais une soupe encore chaude, encore réconfortante, mais avec une saveur plus fraîche, moins monotone. La douceur de la courge équilibre très bien le goût végétal, légèrement sucré et herbacé des petits pois. Aucun ingrédient ne prend le dessus, et le résultat est plus équilibré qu’il n’y paraît au premier abord. C’est une association simple, mais qui fonctionne vraiment bien.
La soupe, de manière générale, est un plat que j’aime beaucoup pour ce genre de période. On en trouve dans toutes les cultures, sous des formes très variées. En France, elle a longtemps été le plat du quotidien, celui qu’on mangeait presque tous les soirs, surtout dans les campagnes. Une cuisine simple, nourrissante, faite avec ce qu’on avait sous la main. Aujourd’hui, la soupe a parfois une image un peu vieillotte, alors qu’elle reste l’un des moyens les plus faciles de manger des légumes en quantité.
Les soupes mixées ont aussi cet avantage d’être très adaptables. Elles permettent d’utiliser des légumes de saison, des restes, ou même des ingrédients qu’on n’aurait pas forcément associés au départ. C’est une cuisine sans pression, où l’on peut tester des combinaisons sans prendre trop de risques. Et bien souvent, un simple ajustement d’assaisonnement suffit à équilibrer l’ensemble.
Dans cette soupe, certains ingrédients jouent un rôle plus discret mais essentiel. La pomme de terre, par exemple, apporte de l’onctuosité et permet de lier la texture sans avoir besoin d’ajouter de crème. Elle est tellement présente dans notre alimentation qu’on oublie parfois qu’elle a profondément transformé la cuisine européenne à partir du XVIIIe siècle. Venue, elle aussi, d’Amérique du Sud, elle a longtemps été regardée avec méfiance avant de devenir incontournable.
L’oignon, quant à lui, sert de base aromatique. C’est un ingrédient que l’on retrouve dans presque toutes les cuisines du monde, sous des formes très différentes. Dans une soupe, il apporte une saveur familière, rassurante, qui rend le plat immédiatement accessible. Même quand on change les légumes principaux, l’oignon crée un point de repère gustatif.
J’accorde aussi de l’importance à l’aspect visuel des plats, et cette soupe ne fait pas exception. Le mélange de la butternut et des petits pois donne une couleur plus douce qu’une soupe de courge classique, moins verte qu’une soupe de petits pois pure. On obtient une teinte tendre, assez lumineuse, qui donne envie avant même de goûter. En hiver, quand les journées sont grises, ce genre de détail compte.
C’est une soupe que je trouve particulièrement adaptée au dîner. Elle est nourrissante sans être lourde, douce sans être fade, et elle convient à beaucoup de palais. Elle peut se suffire à elle-même ou s’accompagner simplement de pain, de graines ou d’un reste de céréales. Elle passe aussi très bien auprès des enfants, grâce à sa texture lisse et à ses saveurs équilibrées.
Cette soupe petits pois–butternut illustre bien ce que j’aime en cuisine : des recettes simples, sans complication inutile, qui permettent de sortir un peu des habitudes sans bouleverser ses repères. Elle fait le lien entre deux saisons, entre l’hiver qui s’attarde et le printemps qui arrive doucement. Une soupe de transition, facile à adopter, et qu’on a souvent envie de refaire.

🍄 Ingrédients et Substitutions :
- Remplacez la courge butternut par du potimarron ou de la courge musquée pour varier les saveurs.
- Utilisez des petits pois frais si vous en trouvez de très bons, ou des pois surgelés pour plus de praticité.
- Ajoutez une carotte ou un peu de fenouil pour enrichir la douceur et la texture.
- Pour plus d’onctuosité, incorporez un peu de lait végétal (amande, avoine, coco) après la cuisson.
- Parsemez de quelques graines de courge ou de tournesol pour un croquant supplémentaire.
🥣 Méthode :
- Mixez la soupe jusqu’à obtenir une texture lisse ou légèrement granuleuse selon vos préférences.
- Réchauffez simplement à feu doux si elle a refroidi, en ajoutant un peu d’eau ou de bouillon si nécessaire.
🌿 Green Tips :
- Réutilisez les restes de soupe en base pour un risotto de légumes ou pour enrichir un gratin.
- Les petits pois surgelés permettent de profiter d’un légume de saison même hors période de récolte, et évitent le gaspillage si vous les stockez correctement.
❄️ Conservation :
- Conservez la soupe cuite dans un récipient hermétique au réfrigérateur pendant 2 à 3 jours.
- Réchauffez à feu doux en remuant pour éviter qu’elle ne colle ou ne réduise trop.
- Évitez de congeler si vous avez ajouté du lait végétal, car la texture peut se modifier.
💡 Essayez aussi :
Si vous avez aimé cette soupe petits pois–butternut, vous apprécierez le velouté de potiron, carotte et vache qui rit.

Ingrédients
- 500 g de courge butternut
- 1 pomme de terre moyenne
- 1 oignon
- 200 g de petits pois surgelés
- 2 c. à s. de bouillon de légumes
- 1 l d'eau
- Sel, poivre
Instructions
- Pelez la courge butternut et coupez-la en morceaux.
- Épluchez l'oignon, et coupez-le en morceaux.
- Pelez la pomme de terre, lavez- la et coupez-la en dés.
- Mettez tous les légumes dans la casserole avec le bouillon de légumes et l'eau.
- Laissez cuire 20 minutes.
- Mixez.
- Rectifiez l'assaisonnement en sel et poivre.
- Servez.




Cooking Julia
Moi aussi j’use et abuse des petits pois surgelés à tout moment de l’année, c’est tellement pratique et bon. Avec de la butternut, cela donne un mélange subtil qui me plaît beaucoup.
Not parisienne
Oui c’est vraiment un atout d’en avoir dans son congélateur je trouve ! Bisous